INTERVIEW DU
Dr FRANCOIS TURMEL
Président du Syndicat National de
Médecine Esthétique (ME)
L.
Chaney : Docteur François Turmel, pouvez-vous
vous présenter à nos internautes ?
F. Turmel : Titulaire d’un doctorat
en médecine, j’ai d’abord exercé
la médecine générale puis dès
1982/83 je me suis intéressé à la mésothérapie
puis à aux injections de collagène bovin (Zyderm)
; ensuite, je me suis initié aux nouvelles techniques
de médecine esthétique (liposculpture, peelings,
microgreffes capillaires) le plus souvent par compagnonnage
car il n’y avait pas de formation structurée.
Ce n’est qu’à partir de 1995, qu’un
enseignement a été mis en place sous le vocable
collège
national de médecine esthétique (CNME) formation
actuellement reconnue.
J’exerce
donc la médecine esthétique de façon
exclusive depuis 1987 à RENNES et je suis diplômé
du CNME,
Je suis le président du Syndicat National des Médecins
Esthétiques (SNME),
Je suis également membre de la Société
Française de Médecine Esthétique (SFME)
et ancien secrétaire général de l’Association
Française des Médecins Esthéticiens (AFME),
J’ai mis en place en 2003 une charte de qualité
en dix points
J’ai également organisé le 5 juin 2004
un colloque parlementaire au Sénat intitulé
« Quel avenir pour la médecine esthétique
».
L.
Chaney : Quelle est la définition de la médecine
esthétique (ME)?
F.
Turmel : La ME se définit comme l’ensemble
des prescriptions et des actes visant à prévenir,
améliorer ou corriger les aspects inesthétiques
– ou jugés comme tels par un sujet sain, quel
que soit son âge – y compris les conséquences
du vieillissement physiologique.
Nous
intervenons toujours à la demande du patient qui souhaite
vieillir le mieux possible. Je répète toujours
qu’il est impossible de ne pas vieillir. La médecine
esthétique permet ainsi de restaurer et de maintenir
une harmonie entre un état physiologique optimum et
une image corporelle valorisée.
L.
Chaney : Quelle est la différence entre médecine
et chirurgie esthétique ?
F. Turmel : Le chirurgien esthétique
transforme l’aspect d’un élément
du corps normal ou sain , mais jugé inesthétique
par le patient ; elle comporte le plus souvent des séquelles
cicatricielles plus ou moins apparentes et quelquefois elles-mêmes
inesthétiques.
Le
médecin esthétique utilise des techniques qui
se limitent au tissu superficiel, pour corriger les petits
aspects inesthétiques. Ces actes s’effectuent
en ambulatoire et peuvent être pratiqués sous
anesthésie locale.
L.
Chaney : Quelles techniques regroupe la ME ?
F.
Turmel : Liste non exhaustive :
- les
exfoliations et les stimulations dermoépidermiques
de réjuvénation: il s’agit des peelings,
qu’ils soient faits par des agents chimiques, mécaniques
(dermabrasions), ou physiques (laser, lampe flash)
- la
pose de fils tenseurs ou lifteurs appelés aussi «
fils russes » pour corriger en particulier la ptose
cutanée du bas du visage, véritable alternative
à la chirurgie esthétique,
- les
injections d’implants dermiques ou hypodermiques,
qu’ils soient temporaires ou définitifs: corrections
des rides profondes et superficielles et des défauts
de volume,
- la
mésothérapie : injections de principes actifs
dans les tissus superficiels,
- le
comblement des dépressions corporelles innées
ou acquises, par les autogreffes sous cutanées de
cellules adipeuses, appelées lipostructure,
- la
prise en charge de la surcharge pondérale et/ou de
la silhouette : suivi nutritionnel et psycho-comportemental
adapté,
le traitement des amas graisseux localisées par liposculpture
- le
traitement de la calvitie par les micro-greffes capillaires
uniquement,
- les
traitements vasculaires superficiels (couperose, érythrose,
varicosités) par lasers vasculaires, lampes flash,
électrothérapie ou micro-sclérose,
- le
traitement de l’hyper pilosité, perçue
comme telle par le patient : épilation longue durée,
par lasers, lampes flash ou électrothérapie,
- la
dermopigmentation : médicale, esthétique et
quelquefois réparatrice.
Voilà les principaux actes que nous effectuons quotidiennement
en tant que médecin esthétique.
La
ME est de plus en plus considérée comme une
alternative à la chirurgie esthétique.
Nous sommes confortés dans cette hypothèse par
l’engouement des femmes et des hommes pour nos techniques
nettement plus « soft »
Ce qui ne nous empêche pas, dans des cas bien précis,
d’adresser nos patients à un chirurgien esthétique
si nous jugeons que notre arsenal thérapeutique, pourtant
de plus en plus étendu, ne permet pas de répondre
favorablement et efficacement à la demande formulée
par le patient.
L.
Chaney : Quel est le pourcentage d’hommes et
de femmes qui se tournent vers la médecine esthétique
? Les femmes sont-elles plus concernées que les hommes
?
F.
Turmel : Les femmes sont de loin les grandes consommatrices
de soins à visée esthétique.
Dans une enquête que nous avions réalisée
avant notre colloque parlementaire du 5 juin 2004 au Sénat,
la clientèle féminine représente plus
de 75 % de la clientèle.
Si la demande masculine demeure marginale, elle est pregnante
dans deux indications : la micro-greffe capillaire et plus
récemment l’épilation au laser qui est
très appréciée des hommes .
La ME touche par contre toutes les catégories socio-professionnelles.
Quant aux tranches d’âge, toujours d’après
la même enquête : de 20 à 80 ans même
si l’essentiel de la clientèle est composé
de séniors.
L.
Chaney : Quelle est la technique la plus fréquemment
utilisée et la plus fréquemment réclamée
?
F.
Turmel : La technique la plus fréquemment
utilisée : les comblements des rides, talonnés
de prés par les injections de toxine botulique.
L.
Chaney : Quelle formation en ME ?
F.
Turmel : Aujourd’hui il existe une formation
privée dispensée par le collège national
de médecine esthétique (CNME) sous l’égide
du SNME, sur 2 ou 3 ans avec un enseignement théorique
et des stages pratiques.
En principe à la rentrée universitaire, un enseignement
inter-universitaire délivrera un DIU qui permettra
d’acquérir une compétence en ME.
L.
Chaney : Y-a-t-il une déontologie particulière
à la pratique de la ME?
F.
Turmel : La déontologie qui s’applique
est la même que celle qui s’applique à
tout médecin : le code de déontologie médicale.
Cependant, comme je vous le disais plus haut, j’ai mis
en place en 2003 une charte de qualité en dix points
garante pour le patient de l’engagement du praticien
de respecter un certain cahier des charges.
L.
Chaney : Quels conseils donneriez-vous à
une personne pour choisir son médecin esthétique?
A qui peut-elle s’adresser ?
F.
Turmel : Le bon conseil pour faire le bon choix :
pour obtenir les coordonnées d’un « bon
praticien » téléphoner au secrétariat
de notre syndicat totalement indépendant des structures
commerciales .
Mais aussi, se renseigner localement auprès, d’une
part de son médecin traitant (mais souvent il ne sait
pas conseiller) et d’autre part le bouche à oreille.
L.
Chaney : Pourriez vous nous donner un ordre
de tarifs appliqués?
F.
Turmel : Sachez qu’en principe les tarifs sont
inférieurs en province et qu’il est obligatoire
de remettre un devis lorsque la prestation demandée
excède 305€
L.
Chaney : Quelles sont les suites d’une
intervention en médecine esthétique ? Dangers,
risques ?
F.
Turmel : Il est très difficile de vous donner
les suites de tous les actes que nous pratiquons
En général, les suites sont très simples
: hormis les ecchymoses ou les oedèmes (gonflements)
ou les inconforts dus à l’anesthésie locale.
Les suites sont un peu plus importantes en cas de liposculpture
ou de micro-greffe capillaire qui sont 2 actes frontières
entre le médecine et la chirurgie esthétique
et qui sont pratiqués par une minorité de médecins
esthétiques.
L.
Chaney : Chaque médecin esthétique
est-il capable de proposer à sa clientèle une
gamme étendue de techniques possibles?
F.
Turmel :
Ce qui me conduit à répondre à votre
dernière question concernant la compétence d’un
médecin esthétique.
Tout médecin esthétique n’est pas à
même de répondre à l’ensemble des
demandes parce que notre arsenal thérapeutique s’est
étendu et que chaque praticien aime mieux faire certains
actes que d’autres.
Je vous renvoie pour cela au secrétariat du SNME qui
dispose d’un fichier relativement complet avec les différentes
pratiques de nos adhérents.
L.
Chaney : Merci, Docteur Turmel d'avoir bien voulu
répondre à cette interview. En espérant
que nos internautes y auront trouvé la réponse
aux questions qu'ils se posaient sur le sujet.
Le numéro du SNME : 01 53 53 67 35
Le
site du Syndicat National de Médecine Esthétique
(ME)
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