LE
BILLET D'HUMEUR

Qu'est-ce qu'on mange?
... ou le syndrome du " ché-plus-quoi-manger-tellement-je-suis-inquiète-pour-ma-santé-et-mon-tour-de-taille "
La question qui se pose tous les jours, surtout quand on a une famille à nourrir, c'est : "Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger aujourd'hui?".
Le choix des menus est vaste, pas de souci de ce côté-là, encore qu'on ait vite fait le tour quand il s'agit de cuisiner tous les jours et plusieurs fois par jour.
Mais en ce début de siècle, ce n'est pas l'idée de savoir quoi préparer à dîner qui préoccupe la plupart des gens, des femmes en particulier.
On ne sait plus comment se nourrir, ni quoi manger. On ne sait plus ce qui est bon ou mauvais, pour la santé, le cholestérol, le coeur, les artères et la ligne surtout.
Comment s'alimenter quand tout est à profusion dans les rayons des supermarchés? Qui croire? Qui écouter? Les médecins, les nutritionnistes, les diététiciens, les scientifiques, le ministère de la santé, les grands groupes agroalimentaires qui vantent la qualité de leurs produits, la publicité, les végétariens, les végétaliens, les adeptes du bio, les fabricants de yaourts, d'alicaments, de compléments alimentaires, de substituts de repas, les médias?
On a du mal à comprendre pourquoi manger cinq fruits et légumes par jour et surtout comment les répartir dans une journée. On ne sait plus s'il vaut mieux faire plusieurs petits repas par jour plutôt que deux ou trois, dont un léger le soir. On ne sait plus ce qui fait grossir ou pas. Les produits allégés, light, sans sucre, sans matière grasse tiennent-ils leurs promesses en matière de calories?. Mieux vaut manger bio et sans OGM?. Quels bénéfices en tirer?. La viande, est-elle si bonne pour la santé? Les oméga 3, ou les trouve dans quoi et à quoi ça sert? Et le pain, les produits laitiers, le fromage? Le sel, le sucre, l'huile, le beurre, il en faut ou pas?
On lit et on entend tout et son contraire. Les spécialistes se contredisent les uns les autres et nous embrouillent. On ne comprend plus rien à rien.
Autrefois, les gens n'avaient pas un tel choix, une telle profusion de produits à se mettre sous la dent, mais aussi de conseils pour s'alimenter, rester en forme et en bonne santé. Ils ne se posaient pas de questions sur la façon de se nourrir et n'étaient pas préoccupés de manière obsessionnelle par leur poids. Ils cuisinaient comme leurs mères et leurs grands-mères et se nourrissaient de la même façon. Selon leurs moyens également et les coutumes de leur région.
Maintenant les gens sont pressés, ils n'ont plus le temps, ni de cuisiner, ni de manger. Ils veulent rester minces et avoir une bonne mémoire, des os solides, de l'énergie, être en forme, avoir une vie sexuelle satisfaisante, une bonne vue, de bonnes dents, être plus intelligent. La publicité promet tout ces bénéfices au consommateur de produits alimentaires industriels qu'elle se charge de promouvoir.
Ces exigences de bien-être finissent par faire de nous des gens inquiets de ne pas fonctionner aussi bien.
On finit par avaler n'importe quoi, n'importe comment, à n'importe quel moment de la journée. On prend du poids alors qu'on a l'impression de ne rien manger.
On consulte des nutritionnistes, des diététiciens, des médecins spécialisés dans les régimes, des psys pour essayer de comprendre ce qui ne va pas. On loue les services d'un coach qui va venir dans votre cuisine vous apprendre à vous nourrir. A la télévision, les émissions culinaires font recette ( oh, le vilain jeu de mots !), ce n'est pas pour rien.
La société d'abondance a crée un paradoxe : celui d'offrir le nécessaire et le superflu à chaque citoyen (à condition d'en avoir les moyens!) mais aussi de faire perdre le contrôle de sa vie, de sa nourriture à ce même citoyen. Trop de choix et donc plus aucune limite ni repère possibles!
Tout est alléchant dans les rayons des supermarchés.
Mais savoir se nourrir, ce n'est pas manger ce dont on a une envie boulimique, mais ce dont le corps à besoin. Et c'est encore une autre paire de manches!
Dès l'enfance, on devrait tous recevoir une éducation alimentaire pour apprendre quoi manger et en quelles quantités.
Allez, moi je retourne manger chez maman. Ce n'est peut-être pas très diététique, mais au moins c'est équilibré, naturel et délicieux.
Bon appétit à toutes et à tous!
Ce texte est de Lone Chaney, rédactrice d'objectifbeaute.com. Si vous le retrouvez sur un autre site sans signature ou sous une autre signature, c'est qu'il s'agit d'un détournement d'article. Merci de me le signaler.
© L. Chaney juillet 2010
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