" AFFAIRE DE FAMILLE "

Un film de CLaus Drexel
Sortie le 4 juin 2008
avec : André Dussollier, Miou-Miou, Eric Caravaca, Hande Kodja et Julien Courbey.
Scénario de Claude Scasso et Claus Drexel.
Format 1.85 - Durée 1H30
Distribution : La Fabrique de Films
Synopsis :
Dans la vie de Laure Guignebont, il y a Jean, son mari, et Marine, leur fille. Il y a aussi Les Marmottes, le magasin de souvenirs délicieusement kitsch qu'elle tient à Grenoble, les livres de Stephen King et le chocolat, antidote à l'ennui ou à l'angoisse, allez savoir.
Dans la vie de Jean Guignebont, il y a Laure, son épouse, et Marine, leur fille. Mais il y a aussi le football, le football et le football, entre nostalgie et espoirs déçus, penalty raté et fantasme d'exil au Brésil.
Et puis, un soir de match, dans la vie des Guignebont, débarque un sac de sport rouge rempli de billets de banque.
Lorsque Laure le découvre dans le bureau de Jean, dans la vie des Guignebont, s'insinuent le doute, le mensonge et la dissimulation. Trompeuses apparences, tromperies apparentes, la petite mélodie se joue en surface mais aussi en sous-sol. La famille, quelle affaire!
Genre : comédie policière
  
L'avis de Lone Chaney :
L'idée de base pourrait sembler banale : un couple ordinaire voit sa vie bouleversée par la découverte d'un sac de sport rempli de billets de banque. Or, AFFAIRE DE FAMILLE, est tout sauf un film banal. On comprend pourquoi le scénario du film a été récompensé par les trophées du premier scénario.
Bien ficelé, peaufiné à l'extrême, il nous montre en alternance le vécu des différents personnages sous forme de chapitres. En cela, il offre au spectateur une version différente des faits selon les membres de la famille. C'est un régal de découvrir successivement la même scène vécue par Laure Guignebont (Miou-MiOU), puis par son mari (André Dussollier), puis par sa fille, puis par les autres protagonistes.
L'intrigue se noue et nous livre alors une part de vérité que l'on croit définitivement acquise... à tors!
André Dussollier incarne un personnage ambigu, inquiétant parfois, voire antipathique, jusqu'à ce qu'on en apprenne d'avantage.
Miou-Miou nous apparaît fragile : une petite femme dont le seul vice est le chocolat, partagée entre sa boutique pleine de bric-à-brac invendable, son mari footeux et sa fille unique, égoïste et plutôt naïve.
Marine (Hande Kodja), semble bien insouciante et indifférente face aux tracas de ses parents. Elle semble être la seule sur qui tout glisse, comme ses rollers sur lesquels elle se déplace exclusivement. Mais quand on découvre à quel point la destruction de l'abri de jardin l'affecte, on est en droit de se poser des questions.
Tout comme on s'en pose au sujet de l'inspecteur Vivant (Eric Caravaca) vers lequel Laure Guignebont se tourne en désespoir de cause. Quel inspecteur pourrait avoir une telle dégaine?
Un personnage inquiétant, Samy (Julien Courbey), petite frappe au crâne rasé vient compléter, avec la famille exécrable de l'armurier, cette galerie de personnages qui portent ce film déroutant, souvent cocasse, plein d'humour noir et de rebondissements.
S'il fallait définir ce premier long métrage, on pourrait dire que c'est un très bon polar familial, une comédie policière originale et un peu déjantée.
Lorsque l'histoire vire au cauchemar, le jeu des acteurs amoindrit le côté dramatique jusqu'à nous faire rire et sourire de situations pourtant insoutenables.
Claus Drexel signe là un film abouti et ô combien réussi.
Un seul mot d'ordre : en juin, courez voir ce film dont la fin vaut également le détour.
© Lone Chaney Avril 2008 |